Naissance du premier bébé d’un père souffrant d’une double anomalie chromosomique

BARCELONA, 26 Sep.

La Clinique Eugin est parvenue à faire naître le premier bébé au monde fruit d’un père souffrant d’une double translocation chromosomique qui l’empêchait d’avoir des enfants.

Albert Obradors, le responsable du Laboratoire d’Eugin, a fêté cette réussite qui, selon ses propos, « n’a été décrite nulle part ailleurs dans le monde » et qui a été réalisée grâce à des techniques de fécondation in vitro et à un diagnostic génétique préimplantatoire.

Le père de l’enfant –Miguel Ángel García–, qui, à présent, a une fille de 14 mois prénommée Estel, a été encouragé, il y a quatre ans, par des médecins et des spécialistes à abandonner son désir d’avoir des enfants avec son épouse en prétextant des raisons inacceptables.

Obradors a regretté que le patient ait reçu ces messages et que les spécialistes ne l’ient pas encouragé à se soumettre à un test du caryotype –photographie des gènes du patient-, grâce auquel on lui a diagnostiqué cette anomalie, qui consiste en la fragmentation de quatre chromosomes provoquant un « désordre de l’information ».

Selon les explications de l’embryologue, cette double altération, qui n’a pas d’effets dans la vie normale du patient, endommage neuf spermatozoïdes sur dix qui subissent des « anomalies au niveau de l’information » ce qui, ultérieurement, se traduit par des fausses couches naturelles chez la femme.

Selon Obradors, un patient sur 500 souffre d’une altération chromosomique, ce qui se traduit par quelque 90.000 Espagnols et 600.000 Européens atteints. Obradors s’est félicité de cette réussite, tout comme la directrice médicale du centre, Valérie Vernaeve, qui ont reçu le patient l’année dernière.

Dès que l’altération a été détectée, l’épouse du patient a été soumise à une stimulation ovarienne et à trois cycles de fécondation in vitro –en un an– afin d’obtenir des embryons sans altérations génétiques, c’est pourquoi le diagnostic génétique préimplantatoire a été utilisé.

« Lors du troisième cycle, on est parvenu à obtenir un embryon ayant toute l’information ». L’embryologue a expliqué que l’embryon a pu être transféré vers l’utérus de la mère et a vanté l’effort et la passion des parents pour continuer le traitement et obtenir un embryon sain.

TECHNIQUE PIONNIÈRE

Pour réaliser l’analyse des embryons, on a utilisé une nouvelle technique d’hybridation génomique comparative rapide (CGH avec ses sigles en anglais) développée en collaboration avec l’UAB et qui, comme nouveauté, permet d’analyser tous les chromosomes de l’embryon, et pas seulement 11, comme les techniques actuelles le font.

« Jamais auparavant on n’avait réalisé de diagnostic génétique préimplantatoire pour une double translocation, et avec cette technologie, qui a permis la première naissance d’un bébé sain », s’est félicité l’embryologue.

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