1er symposium international sur la vitrification Ovocytaire de Convenance


  • La congélation ou vitrification d’ovules était auparavant réalisée à des fins médicales, mais actuellement de plus en plus de femmes choisissent cette technique pour préserver l’état de leurs ovules pendant plusieurs années et pouvoir ainsi retarder le moment de la maternité.
  • L’évènement a été soutenu par la Société Espagnole de Fertilité, la Société Espagnole de Gynécologie et d’Obstétrique et l’Association Espagnole pour l’Étude de la Biologie Reproductive.
  • 80 % des femmes qui connaissent l’existence de cette technique ont obtenu l’information grâce à Internet et seulement 3 % des femmes en ont entendu parler par leur médecin.

Barcelone, le 7 février 2013. Les femmes décident d’avoir leur premier enfant de plus en plus tard, en Europe l’âge de la maternité dépasse les trente ans, selon l’Institut national de statistiques. Cette tendance a mis en évidence le besoin de techniques qui favorisent la maternité à des âges plus avancés. C’est ainsi que la cryoconservation ou la vitrification d’ovules ont gagné du terrain ces dernières années. Afin d’analyser les facteurs sociaux, éthiques, techniques et psychologiques influençant la demande croissante de ce traitement, la Clinique Eugin a organisé récemment le 1er Symposium international sur la vitrification ovocytaire de convenance, à Barcelone et qui a réuni environ 300 experts internationaux.

Cette réunion s’est axée sur l’importance croissante des facteurs sociaux qui encouragent les femmes à choisir la technique de vitrification, une technique indiquée uniquement sous avis médical il y a quelques années (par exemple, en tant que méthode de préservation de la qualité de l’ovocyte avant de subir un traitement contre le cancer). Aujourd’hui, la réalité est différente et celles qui choisissent de vitrifier leurs ovules sont des femmes qui, pour des raisons professionnelles, économiques ou sociales, ne peuvent pas satisfaire leur désir d’être mères lorsqu’elles le souhaiteraient et décident de vitrifier leurs ovules pour pouvoir profiter de la maternité plus tard. Pour l’instant, le profil de la majorité des femmes qui utilisent cette technique correspond à une « femme avec un niveau d’éducation élevé, un emploi satisfaisant et financièrement indépendante et qui, si elle est en couple, ne vit pas habituellement avec son conjoint », comme l’explique le Dr. Valérie Vernaeve, directrice médicale de la Clinique Eugin et directrice du symposium.

Même s’il s’agit d’une technique développée dans seulement quelques centres de procréation médicalement assistée, elle suscite un grand intérêt du point de vue médical, sociologique et psychologique. Ces trois perspectives ont été abordées au cours du symposium, qui a eu l’appui d’importantes sociétés scientifiques nationales, telles que la Société Espagnole de Fertilité (SEF), la Société Espagnole de Gynécologie et d’Obstétrique (SEGO) et l’Association Espagnole pour l’Étude de la Biologie Reproductive (ASEBIR).

L’une des données les plus frappantes exposées pendant le symposium a été le pourcentage de femmes qui connaissent cette technique grâce à une conversation avec leur médecin. Alors que 80 % des femmes qui connaissent l’existence de cette technique ont obtenu l’information sur Internet, seulement 3 % des femmes en ont entendu parler par leur médecin.

Au cours du débat « La vitrification ovocytaire de convenance est-elle éthiquement acceptable? », le docteur Guido Pennings, professeur de bioéthique à l’Université de Gand (Belgique) et directeur de l’Institut de bioéthique de Gand (BIG), énuméra quelques-uns des arguments les plus souvent présentés pour apprécier si la vitrification peut être recommandée pour des raisons sociales. Parmi ceux-ci, il a évoqua la théorie soutenant que le report de la maternité pour des raisons sociales n’est pas comparable aux cas de la vitrification réalisée pour des raisons médicales (par exemple, pour préserver la fertilité après une chimiothérapie), car ce sont les femmes qui choisissent volontairement de retarder l’arrivée de l’enfant et cette décision ne peut pas être prise en charge par un financement public du traitement. Le docteur Pennings souligna que, jusqu’à présent, il n’y a pas suffisamment de preuves pour soutenir cette théorie lorsque la vitrification d’ovules correspond à un choix personnel de la femme.

L’avis des experts
Afin de connaître le point de vue des experts réunis lors du symposium (de 13 différents pays), au cours de la session « La vitrification ovocytaire de convenance est-elle éthiquement acceptable? » leur avis a été demandé concernant le profil des patients qui devraient être informés de cette option dans les cabinets médicaux. Actuellement, 98 % des experts sont favorables à la congélation des ovules, et seulement 2 % ne la considèrent pas comme une technique valable. Cependant, il est estimé que seulement 3 % des femmes ont entendu parler de cette technique grâce à leur médecin et 80 % des femmes qui connaissent son existence ont obtenu l’information sur Internet. Face à cette réalité et selon les réponses obtenues au cours du symposium, 67 % des médecins estiment que cette technique devrait être proposée à toutes les jeunes femmes.

D’autres questions soulevées lors de la réunion furent l’âge, à partir duquel la vitrification d’ovules devrait être permise et jusqu’à quand cette technique devrait être réalisée. 47 % des médecins ont soutenu que l’âge à partir duquel elle devrait être permise se situe vers les 18 ans et 44 % pensent que cette possibilité ne devrait pas être fournie après 40 ans.

Une technique en plein essor en raison du mode de vie actuel
Tout comme les personnes, les ovules vieillissent avec l’âge et perdent progressivement leur qualité et capacité à provoquer une grossesse. En effet, on estime qu’à partir de 35 ans, parmi celles qui décident d’avoir des enfants, une femme sur six a des difficultés pour y parvenir. Les statistiques confirment en outre que, après 42 ans, il est très difficile pour une femme de tomber enceinte avec ses propres ovules.

Jusqu’à tout récemment, la vitrification d’ovules a été utilisée uniquement à des fins médicales et les femmes qui souhaitaient retarder le moment de devenir mère risquaient de rencontrer plus de difficultés pour y parvenir si elles attendaient trop longtemps. Dans les cas les plus extrêmes, lorsque le moment était venu d’avoir des enfants, la seule possibilité était d’utiliser des ovules de donneuse plus jeune. Le Dr. Vernaeve explique que, grâce à cette technique, « la qualité des ovules ne change pas au fil du temps », offrant ainsi aux femmes la liberté de choisir le moment pour essayer de devenir mère. En définitive, la vitrification des ovocytes permet d’obtenir des taux de fécondation et des taux de grossesse comparables à ceux obtenus avec des ovules frais, qui seront d’autant plus élevés que les ovocytes seront congelés tôt.

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